Les vacances contre l'École ?

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Les vacances contre l'École ?

Message par Petit Caporal le Jeu 23 Sep - 21:04

LES VACANCES : CE MAL D’UN TEMPS DÉLIQUESCENT

Chronique de Baptiste Algan

Bientôt fin septembre, et vous voilà tous rentrés, enfants, salariés et politiques de France, privilège néanmoins fait à la plupart des étudiants de l’enseignement supérieur qui ont pu profiter de quelques précieux, sains et vitaux instants de villégiatures supplémentaires… Bien des polémiques et rumeurs ont pu tourner autour de propositions et projets de lois, quand bien même les représentants de la République n’iraient pas au bout. Ma foi, le scepticisme a toujours été meilleur indicateur face aux prétendues ou véritables propositions émises par la minorité présidentielle et sa consœur opposante, qui plus est lorsqu’elles concernaient le domaine de l’éducation. Un peu de fraicheur…rappelons que ces dites réformes ont notamment mis au banc de l’histoire Clovis, roi des Francs, nouvel auguste de ce qui correspondait autrefois aux prémices du grand schéma politique et civilisationnel franco-européen…Clovis, Louis XIV et Napoléon Ier…aujourd’hui remplacés par quelques tribus forestières allant depuis des siècles testicules aux vents, nettoyées par la rosée des fraîches matinées équatoriales… Passions testiculaires ? Un retour aux sources dirons-nous.. Ou encore le programme de Géographie, lequel sera substitué par un Ushuaia nature sur 5 ans. Savez-vous, ces émissions où l’on défend ailleurs ce que l’on exècre chez nous : identité, peuple, traditions, valeurs, vertus, nature et avenir. Du bonheur…

Submergé par les confrontations houleuses liées à la réforme des retraites et surtout le flot de polémiques qui ne cessent de combler le paysage politico-médiatique français, le projet de réforme des rythmes scolaires déjà engagé par Luc Châtel avant les grandes vacances – réforme devant notamment entrainer la réduction de la durée des vacances d’été, celles-ci durant pour l’heure entre deux à trois mois selon les classes et les établissements – semble être mis au banc des discussions alors qu’il est pourtant digne d’un intérêt certain puisque permettant de relancer le thème des maux dont souffre le système éducatif français et des réformes à envisager pour le relever.

Alors des vacances scolaires atrophiées ? Vrai projet ou non, idée merveilleuse que voilà ! Que faire de ces quelques millions d’avortons arrogants, de glousseuses bêcheuses, de ces cigales éternelles, de ces immondices fainéants…de tous âges…lorsque l’été advient ? Occupons-les…cultivons-les !

Bien sur, voilà qu’ils crient et crieront bien encore au scandale, à la manifestation, à l’insurrection ! Guevara sauve nos mois de vacances ! Du repos…vite !… Le stress…plus jamais !… Nous voulons jouir !… Ces fraîches effluves revenantes…esprit 68…ces éternels bambins à qui l’on a oublié de changer une couche…qu’ils gesticulent.

Voilà prêt de 40 ans que l’éducation en France ne parvient à se réformer, s’enfermant dans la frustration de ses erreurs : méthodes globales, cadences infernales, programmes délirants, enseignements denses, sans qualité, pédagogie du verbe mou…Pire même, pour s’en sortir, tente de s’en remettre aux déesses libérales, libertariennes – « Ne me marche pas dessus » – l’éducation au privé, au marché…tout un symbole. Il est donc une aubaine à saisir pour réformer la croulante.

Mais interrogeons-nous tous d’abord sur les passe-temps durant les grandes vacances scolaires des quelques millions de cervelles scolarisées. Rien ! Rapide fut la réflexion…rien ! Du repos diront-ils ? Une gentille boutade…

Et pourtant, quoi de mieux qu’occuper son temps de vie à des activités variées, saines, culturelles, honorantes et vertueuses ? Bien entendu cela coûte moins de mourir ivre à un des ses apéros géants, ou de ses « spring break » en Espagne ou ailleurs, en ces lieux puant la surdose et « l’enfoutrement », la cirrhose et l’avilissement…d’irradier à longueur de journée cortex et neurones devant les micro-explosions de leur divagation trombinoscopique, lubrique et instantanée…ou bien encore devant ces japoneries animées, de ces séries pour ados décérébrés glorifiant l’american deficient way of life, de ces viles exhibitions télévisuelles de déconfiture humaine…et tous ses affairements provoquant oisiveté diurne et dégénérescence nocturne…bien moins donc en prix que des vacances à haute valeur culturelle et identitaire au travers des éternelles et fastes merveilles de France et d’Europe, d’actions citoyennes, politiques, spirituelles ou bien même encore de travaux physiques et intellectuels. Bref…rien de régénérant pour ces âmes salies depuis leurs plus jeunes âges.

Croyons-le, les vacances, à la longue, ne sont que privilèges de vétérans, d’anciens, de personnes qui ont vécu et mérité ces instants de repos. La jeunesse n’est pas faite pour. Moins elle en aura et mieux elle se portera. La liberté d’aventure et la force de culture sont le véritable apanage d’une jeunesse authentique. Et on n’offre que trop peu d’occasions à celle-ci de s’exprimer en dans de telles conditions. De nos écoles, il n’en ressortira jamais trop que de vieilles personnes éprises de oisiveté, de médiocrité, de recherche de plaisirs et de conforts, qui haïssent de près ou de loin leur naturelle condition travailleuse. Néanmoins, il ne faut se méprendre et c’est grave erreur que de tenir pour uniques responsables les principaux concernés du monde éducatif, élèves et professeurs donc. En effet, les élèves de France disposent du plus grand nombre d’heures de cours malgré des jours de vacances plus importants qu’ailleurs en Europe. Derrière ce paradoxe se cache donc une fatigue, un ennui, un mépris, une inculture, une médiocrité réels et provoqués par des cadences d’enseignement intenses et leurs conséquences : des cours maigres en détail et en passions, allant à l’essentiel et provoquant chez les plus forts, l’impression d’un vide substantiel, de barrages énormes à l’expression de quelconque qualité, choses comblées par une dissipation ou un renferment quasi implacable ; chez les plus faibles, le sentiment de toujours rater le train et de tomber dans un abîme fait d’incompréhensions, d’échecs et sans horizons ; quant aux moyens, ils virevoltent entre l’un ou l’autre des deux côtés, restant moyens, profitant de ce qui est acquis, se fichant de ce qui ne l’est pas, suffisance leur convenant. Quant aux enseignants, comment pourraient-ils assurer des enseignements de première qualité alors qu’ils sont compressés par des rythmes scolaires qui les obligent à être rapide et performant, d’aller à au plus simple, à l’essentiel et au standard, avec pour récompense un manque de reconnaissance de la part de toute une société, leurs élèves en première ligne. Ainsi professeurs comme élèves doivent comprendre l’impératif d’une réforme des rythmes scolaires, quittent à perdre le privilège de vacances à foison. Des cadences de travail mieux réparties entrelacées de nouveaux enseignements et activités permettront de faire exploser cette bulle de de pression, de mépris et d’oisiveté, d’ennui, de perdition et de médiocrité qui sclérose les artères du premier corps intermédiaire de toute société, l’Ecole, et donc enfin retrouver qualité, vertu, considération, motivation et ambitions au sein de cette belle et grande structure de vie.

Ainsi, le gouvernement s’est semble t-il décidé à réduire la durée des vacances scolaires pour les collégiens et les lycéens…En clair, la durée des vacances seraient amputées de quelques semaines, revenant au seuil de 4 ou 6 semaines des années 1882-1936 ou, à titre de comparaison, à celui de nos brillants voisins suisses ou allemands. Cette nouvelle disposition de l’enseignement permettrait de revoir les horaires de l’année scolaire en réservant les matinées aux enseignements classiques et l’après-midi à d’autres activités moins soumises à la rigidité des règles d’enseignement émises par le ministère de l’Education dite Nationale. Aussitôt, ce projet de réforme fut ornementé par celui consacrant les après-midi à des heures de sport. Une lumière dans l’immensité du spectre gouvernemental ? L’idée fut géniale si le fond idéologique n’en avait pas été rebutant, et l’étendue de la réforme tellement restreinte.

Restreinte car n’envisageant pour le moment que des heures de sports, en somme toute activité des plus saines, mais alors qu’il serait néanmoins tout aussi judicieux que de prévoir d’autres tâches de nature culturelles et spirituelles. Des ateliers de littérature, de musique, d’art, de culture générale ou même des projets de jeunesse citoyenne, autant d’activités qui permettraient de relever l’éducation en France et d’épanouir jeunesse.

Mais voilà, l’ère Sarkozy n’est pas à la culture ni nationale, ni européenne, ni même extraeuropéenne, ni quoique ce soit, et bien loin aussi de quelconque actes de citoyenneté et de civilité. L’ère Sarkozy est au culte de l’apparence, de la performance et de la concurrence, déterminants que l’on retrouve sans nulle doute dans les activités de type physiques et sportives. Telle la sélection libérale à la sauce américaine, ce revirement vers des activités sportives devra permettre aux cancres, affolés et égarés parvenus de l’enseignement secondaire, gros bras de combat ou guibolles de survol, de trouver espérances pour un nouvel envol loin des difficultés de l’enseignement classique et standardisé. Mais encore, bien loin des pays que la France tend à imiter, cette fut belle patrie souffrira comme d’ordinaire de son éternelle verve égalitariste qui mène depuis des décennies tous ses anciens solides corps intermédiaires, l’Ecole en première, dans le gouffre de la moyennisation et du nivellement descendant. Ainsi, comme dans l’enseignement classique actuel, de ces nouveaux domaines d’activités scolaires, le sport étant pour l’heure le seul proposé, il y aura peu de chance que ressorte une quelconque qualité, tout juste quelques chanceux ou rusés qui auront su tirer partie d’un système aux enseignements uniformisés, aseptisés, ne vénérant seulement que la performance et l’efficacité. Bien loin donc d’une Ecole qui assurerait aux meilleurs et aux méritants un enseignement de qualité et un avenir approprié ; et aux plus faibles et aux indéterminés une réorientation vers d’autres voies non pas moins honorifiques et méritantes mais plus adéquates, en vertu de qualités et caractéristiques révélées, différentes et inadaptées au système éducationnel de l’Egalité.

D’un point de vue structurel, les éventuelles réformes envisagées vont devoir également passer les obstacles fomentés par la nature d’autres réformes de l’éducation, engagées par le même gouvernement, notamment celles concernant la suppression de postes et des centres de formation de ceux qu’on appelle vulgairement, « professeurs de sport ». Aussi, la question du nombre et de l’accès aux équipements sportifs dans le cadre d’une utilisation quotidienne par tous les collégiens et lycéens mérite d’être posée. Il est fort probable que les manques dans ce domaine fassent vite barrages à de tel projet de reconfiguration de l’activité et des rythmes scolaires. N’en doutons pas, l’État, qui ne pourra logiquement pas, en ces temps d’instabilité économique, financer une politique d’aménagement en équipement sportif et scolaire, s’en remettra à la magie des contrats privés passés avec tels ou tels sponsors, entreprises et autres investisseurs privés qui répondant comme à l’accoutumée aux lois du marché, orienteront leur politique vers les activités qui présentent la plus grande profitabilité, délaissant ce qui n’a d’intérêts économiques et financiers à courte et moyenne durée. Ainsi et encore, la liquidation de l’éducation au marché poursuivit pour le meilleur, sur papier, et pour le pire, dans les faits.

Des vacances en moins pour les primaires, collégiens et lycéens et pour de nouveaux rythmes scolaires ? Certes, l’idée fut bonne mais c’est bien tout… L’Education en France, boiteuse et croulante, ne se réformera pas, ou seulement à l’appel des sirènes du marché. Pourtant bien d’autres solutions peuvent être envisagées. Luc Châtel demande une « Conférence nationale sur les rythmes scolaires ». Il en faudrait une sur l’Education (dite) Nationale dans son intégralité pour que la France retrouve demain des écoles et universités vertueuses, prestigieuses et rayonnantes sur son territoire même, mais aussi en Europe et dans le monde. Réformer l’éducation en France, il le faut car, comme l’a affirmé Jules Simon, républicain et ancien ministre de l’instruction publique : « Le peuple qui a les meilleures écoles est le premier peuple. S’il ne l’est pas aujourd’hui, il le sera demain. »

Petit Caporal
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