Chili : vague de répression anti-anarchiste

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Chili : vague de répression anti-anarchiste

Message par Camarade Troska le Mer 18 Aoû - 10:51

Chili : grosse opération anti-"terroriste" contre le mouvement anarchiste

Samedi matin 14 août 2010, s’est déchaînée une grosse opération des services anti-«terroristes» (GOPE, LABOCAR, Inteligencia de Carabineros) contre le mouvement anarchiste et anti-autoritaire. Cela faisait des mois que les médias et les politiciens de droite comme de gauche battaient le rappel contre le mouvement.

Officiellement, cette longue série de perquisitions et arrestations menées par le procureur spécial Alejandro Peña (qui centralise les enquêtes sur les attaques anarchistes) visait les auteurs présumés de 23 de ces attaques incendiaires et explosives revendiquées à Santiago ces derniers mois («Caso Bombas» comme pouvoir et médias nomment cette enquête). Lors de la conférence de presse qui a suivi, le procureur a avancé comme «preuves» déterminantes d’imaginaires traces de TNT sur les mains et vêtements (ils sont forts dans les labos chiliens !) de trois des quatorze arrêtés, ce qui impliquerait six d’entre eux dans les attaques.

Les deux premières perquisitions à Santiago se sont déroulées au squat La Crota (situé Santa Isabel #380), où 6 personnes ont été arrêtées. Ce fut aussi le tour en même temps du Centre social occupé Sacco y Vanzetti (situé Santo Domingo #2423).

À la même heure ont été perquisitionnés deux appartements à Cerro La Virgen (Valparaíso), mais aussi le Centre social Jonny Cariqueo de Pudahuel (El Cobre #8793), en banlieue de Santiago.
Parmi les arrêtés, outre plusieurs compagnons anarchistes bien connus, on retrouve plusieurs ex-Lautaristas (du groupe de lutte armée post-mao Mapu Lautaro, dissous dans les années 90). Les 14 arrêtés ont été transférés pour la plupart au 33e commissariat de Ñuñoa avant d’être conduits devant la 11e Juzgado de Garantía de Santiago. Les accusations vont d’association terroriste («asociación ilícita terrorista») à attaques explosives («colocación de artefacto explosivo»).

Cette opération très démocratique [Et non pas proto-fasciste comme le proclament les pleureuses habituelles (dont ce texte repris par Jura Libertaire qui parle de «Gestapo» et «pinochettisme», tout en autocentrant la répression sur … les médias alternatifs !!).], est un coup spectaculaire orchestré contre une partie du mouvement anarchiste à grands renforts de médias, comme on l’a déjà vu dans d’autres pays ces dernières années (Grèce, Italie, Espagne). Mais qui y a-t-il d’incroyable, pourtant, que face à une multiplication d’attaques en tous genres et dans un contexte chilien de guerre sociale intense, l’État, cherchant des coupables, va comme d’habitude les chercher chez les parties du mouvement les plus visibles (squats et ex-de la lutte armée) et surtout les plus déterminées et cohérentes dans leurs idées ?
C’est maintenant aussi à la solidarité de briser leur isolement provisoire, et de démontrer que la lutte continue avec feu, joie et explosions … de rage.

Aucunes perquisitions ni arrestations n’arrêteront la guerre sociale !
Les arrêtés seraient :
— Pablo Morales Furiman : Ex-lautarista. Arrêté au squat La Crota.
— Rodolfo Retamales Leiva : Ex-lautarista.
— Omar Hermosilla Marín.
— Andrea Urzúa Cid : Suspectée en 2008 d’avoir voulu faire entrer de la TNT dans la prison de haute sécurité, où se trouvaient incarcérés les ex-lautaristas Marcelo Villarroel et Freddy Fuentevilla (en préventive, accusés du braquage de la Banco Security en 2007, où un flic a trouvé la mort).
— Felipe Guerra Guajardo.
— Cristian Cancino Carrasco.
— Carlos Riveros Luttgue.
— Camilo Pérez Tamayo.
— Iván Goldenberg González : Arrêté à Valparaíso. Les flics affirment que le flingue que portait Mauricio Morales (jeune anarchiste qui a sauté avec sa bombe en 2007, voir Peste noire), était à Iván.
— Candelaria Cortés-Monroy Infante.
— Francisco Solar Domínguez.
— Mónica Caballero Sepúlveda.

Deux autres n’ont pas encore été identifiés.



14 août 2010 : «preuves» exhibées lors de la conférence de presse quelques heures après les perquisitions :






17 août 2010.

Le texte ci-dessus a été publié à la foi sur les brèves du désordre, site de "Cette semaine", ainsi que sur celui de la base de données anarchistes.

Je tiens à préciser que je trouve lamentable le fait de qualifier les auteurs de l'autre texte du CEMAB (ci-dessous) de "pleureuses habituelles" (outre la connotation viriliste) sous prétexte qu'il y est développé une analyse du rapport entre "démocratie" et montée du fascisme (là où "être un vrai qui pleure pas" c'est dire que "tout ça c'est la vilaine démocratie").

Même si ça n'empêche pas de relayer le texte pour son intérêt politique, ni même de rappeler (puisque c'est essentiel) que ce sont des anarchistes qui sont ici visés. Et qu'il est nécessaire de le souligner (puisque le texte du CEMAB passe largement dessus).


Lundi 16 août 2010 1 16 /08 /2010 18:53
La police chilienne séquestre des membres des médias alternatifs



La police chilienne a commis une brutale intervention dans le plus pur style «pinochettiste» : coups de pied dans les portes, tirs d’intimidation, et un important contingent déployé pour arrêter des personnes qui n’opposaient aucune résistance. Tout cela soutenu par les juges chiliens, qui agissent comme une véritable Gestapo au service du ministère public.

Le matin du samedi 14 août vers 07h00, un raid policier a été lancé dans plusieurs squats et logements privés à Santiago et dans d’autres parties du pays : portes fracassées, meubles et biens matériels détruits, habitants menacés par des armes de gros calibre et séquestrés sans savoir le pourquoi de cette violence.

La presse bourgeoise signale qu’environ 14 personnes ont été arrêtées dans cette opération et soutient le raid car, selon elle, tous les camarades ont été arrêtés dans des maisons occupées.

Vivre dans un squat n’est pas un crime, encore moins pour justifier une telle violence. Beaucoup de personnes ont été enlevées de leur foyer et sont toujours portées disparues, on ne sait pas où elles se trouvent ! (Cela a duré environ 10 heures, ensuite ils les ont montré dans les news comme des criminels.)

L’un des raids a été commis par l’équipe dite «tactique» de la PDI (police civile) qui a investi le centre social occupé Sacco et Vanzetti en tirant des coups de feu. Les voisins, alertés par les jeunes qui ont appelé à l’aide depuis la terrasse et les fenêtres, témoignent que les policiers ont couvert leur visage d’une cagoule, ont immobilisé les jeunes dans le bâtiment et les ont traînés pour être évacués à bord de deux véhicules de police vers une direction inconnue. La police a ensuite menacé les voisins qui protestaient contre la violence exagérée de l’opération, avec le soutien de deux hélicoptères de Gope (Groupe des Forces Spéciales) et des civils non identifiés (comme pendant la dictature de Pinochet).

Évidemment, la presse bourgeoise arrivée sur les lieux quelques instants après la fusillade, a laissé le temps à la police et à la «justice» de modifier et manipuler la scène. Le montage pouvait alors commencer.

Pendant ce temps, la même opération se déroulait dans la région de Valparaiso, 154 Calle Concepción : deux personnes de plus ont été enlevées.

Parmi les personnes arrêtées, Rodolfo Retamales, artisan de la communication alternative, connu pour son travail révélateur, et d’autres camarades qui effectuent également un travail de communication à travers les radios communautaires.

Nous dénonçons le vol de matériel de montage, la confiscation des caméras, cassettes vidéo avec des images de la répression à la manifestation d’hier dans le centre de Santiago à la mémoire de l’assassinat de Jaime Mendoza Collio, et en solidarité avec nos prisonniers politiques Mapuche.



La presse bourgeoise allègue les faits et soutient la version officielle !

Les 14 séquestrés, officiellement, ont été transférés pour la plupart au 33e commissariat de Ñuñoa avant d’être conduits devant la 11e Juzgado de Garantía de Santiago. L’opération a été en charge du procureur Alejandro Peña, alias «Jalandro» (un surnom qu’il a reçu en son temps d’étudiant à cause de son addiction à la cocaïne), celui-ci a noté que «les détenus seraient accusés de conspiration terroriste, de préparation de matière explosive» et, certifie que les études «scientifiques» pratiquées sur chacun des détenus ont donné des résultats positifs et qu’elles prouvent sa «thèse».



Il a été chargé du dossier après avoir «prouvé» , il y a deux mois, son «efficacité» dans la lutte contre le trafic de drogue (disons qu’il a juste éliminé une certaine concurrence).

Il a récemment remis une liste des camarades anarchistes séquestrés entre qui se rencontraient : Retamales Rodolfo Leiva, Andrea Urzua Cid, Pablo Morales Fuhriman, Monica Caballero Sepúlveda, Francisco Domínguez solaire, Iván González Goldenberg, Cortés Monroy Canderalia Infante, Cristian Cancino Carrasco, Diego Vinicio Morales Munoz Aguilera.



Dès lors, nous dénonçons ce montage de dénigrement, qui ne sert qu’à essayer de détourner l’esprit, d’élever l’idiotie, d’occulter les grèves de la faim qui ont lieu dans le pays (peuple, travailleurs, Mapuche) et masquer l’inefficacité du sauvetage des mineurs pris au piège dans la mine, où la méthode choisie pour les sauver ne fut pas la plus rapide et efficace … mais la moins chère.



Centre de médias alternatifs de Bruxelles, 16 août 2010.

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«On accuse les communistes de vouloir abolir la patrie, la nationalité ; les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut leur ravir ce qu’ils n’ont pas. Comme le prolétariat de chaque pays doit en premier lieu conquérir le pouvoir politique, s’ériger en classe maîtresse de la nation, il est par là encore national lui-même, quoique nullement dans le sens bourgeois.» Marx/Engels
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